LE CHIEN TRUFFIER

De l’abondance à la rareté!

Connue depuis l’antiquité (Mésopotamie, 4000 avant notre ère) comme aliment de gourmet, la truffe sera cultivée à la fin du XVIIIème siècle en plantant des chênes qui avaient la «maladie», donc le champignon. En Dordogne les vignobles ruinés par le Phylloxera en 1875 sont remplacés par des truffières qui commencent à produire à partir de 1887.
Dans les endroits touchés par les crues au Mont Ventoux et dans les Baronnies on plantera des chênes truffiers pour retenir la terre. En 1890 la récolte annuelle en France est d’environ 1000 tonnes, elle sera de 15 tonnes en 1886.

Après la première guerre mondiale, les truffières qui non pas été entretenues ne produisent presque plus, la culture de ce champignon se perd. Le déclin va commencer inexorablement, par exemple dans le Lot, en 1889, on récolte 360 tonnes, alors qu’en 1984 on en est à une tonne. Ce qui va obliger à l’importation de truffes d’Espagne ou d’Italie pour satisfaire les besoins gastronomiques.

Pour l’utilisation industrielle comme le foie gras truffé il faut au minimum 250 tonnes de truffes noires. Donc depuis les années 20 les truffières disparaissent ainsi que les secrets qui s’y rattachent, si à l’époque on passait à cheval pour débroussailler et avec un cultivateur pour aérer le sol, de nos jours les forêts sont négligées et deviennent touffues ne laissant pas passer le soleil si important pour la truffe, soit elles sont arrachées pour laissez la place au blé, et aux engrais qui vont avec… Il faut savoir qu’un chêne truffier ne produit qu’au bout de 5 à 10 années, et à l’heure actuelle le gain doit être immédiat.

Qualités d’un chien truffier

Il doit être calme, obéissant, sous contrôle pour ne pas abimer les truffes découvertes, ne pas être distrait par les odeurs de gibier ou les bruits avoisinants (proximité d’une route, d’une voie ferrée, etc.), sociable avec les personnes étrangères (propriétaires du terrain, curieux, etc.) et les autres animaux (brebis, vaches, autre chien, etc.). Il doit avoir de l’endurance et de la persévérance, car si en concours le temps de travail est limité, en recherche sur truffière naturelle il peut se prolonger sur plusieurs heures (la fatigue sensorielle intervenant au bout d’une demi-heure environ, il faudra prévoir des temps de repos), d’autre part cette recherche ayant lieu en hiver, quelquefois sur terre gelée ou sous la pluie, ce n’est pas très agréable pour les pattes, le nez ou le corps. En général, toutes les qualités requises chez les chiens de recherche par le flair, dont la principale est la coopération avec le maître pour former une équipe soudée, sans contraintes d’une part comme de l’autre.

Si on évoque les races les plus adaptées, il faut quand même préciser que contrairement à ce que l’on voudrait nous faire accroire, il n’y a aucune race qui naît avec le gène de la recherche de truffe (ce que disent, par exemple les italiens avec le Lagotto Romagnolo), tous les chiens peuvent être formés sans problème s’ils sont normaux (curieux, gourmands, joueurs)!

Attention à ceux qui voudraient promener leur chien truffier, chaque terrain a un propriétaire, les articles 388 et 444 du code pénal punissant les intrusions.

Extraits du livre "Flair du Chien Pistage et Détection" Joseph ORTEGA à commander dans ce site

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